Vulnerabilis

Description de l'article de blog : Le droit d'être vulnérable

Laura Schläpfer

10/16/20262 min read

Le droit d’être vulnérable n’est pas évident à appliquer, il faut savoir à qui faire confiance, comment se faire aider, pour pouvoir sortir de la boue.

Depuis que mon père est mort, une partie de moi s’est sentie insécure.

Dans les sondages, les psychopathes trouvent des proies faciles en les femmes qui peuvent être dépressives et sans père, c’est une opportunité en or pour eux, car ils trouvent un terrain maniable, la vulnérabilité est exploitable.

Je me suis retrouvée à ne pas en parler lors de mes rencontres, par peur d’attirer des problèmes.

Même certains amis n’ont pas été tenus au courant de la nouvelle, pas par peur d’attirer un profil négatif, mais par peur de les déranger.

Une peine gardée au sein de mon coeur, qui transpire sans prévenir, des souvenirs, des flashs, une larme est facile. Le regret de ne pas voir une personne chère à son coeur est permanent, constant, pas un moment ne viendra où la douleur aura totalement disparu, j’ai accepté cet état de fait. Il n’est pas constant, heureusement, mais présent.

Le paradoxe, c’est que depuis son départ, ma vie a pris une nouvelle tournure, mon chien est né moins de deux mois après son décès, et de son héritage, j’ai construit les bases actuelles qui me tiennent debout.

J’ai repris une boutique cadeaux fondée en 1997, au centre ville de Lausanne.

Ces deux facteurs n’auraient pas pu exister sans sa mort, cette nouvelle tournure de vie existe car il est partis. J’aurais envie qu’il puisses être là pour voir ce que j’ai construit, et pourtant, sa présence ne m’aurait pas donné cette destinée.

Sa mort a changé mes ordres de priorités, rapidement, je n’ai plus envie de perdre mon temps avec des broutilles, le temps devient précieux, et les liens aussi.

J’ai appris à faire confiance aux bonnes personnes, à m’ouvrir quand il le faut, à pleurer rapidement dans un coin, et à me relever. Le besoin d’appartenance est devenu fort, et j’ai appris à le trouver en dehors du lien du sang.

Ces personnes qui ne vous connaissent à peine, qui ont su avoir de l’empathie me touchent, rien ne les obliges, mais le bon coeur y est.

La solidarité consolide les liens, les rends plus tangibles, forts. Parfois j’ai cru recevoir de l’aide, mais j’en donnais, sans effort, et sans le savoir. Nous pouvons même être surpris des dénouements finaux. Parfois un sourire, parfois un beau regard, une belle intention suffit à toucher un coeur.

Savoir être vulnérable est délicat, mais c’est permettre à une partie de soi de rester humain, et sous cette forme que la vie préserve une part de magie. Je ne voudrais pas m’en couper, je voudrais préserver cette partie du coeur.

Art

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